9 JOURS AU coeur DE L'OCÉAN INDIEN

 

Octobre 2015, nous partons pour 9 jours à Mayotte, 101ème département Français au coeur de l'Océan Indien, juste sous l'Equateur.  Nous sommes logés dans la famille et restons basés près de Mamoudzou, à Cavani. Caribou !

 

Jour 1 : Sakouli

 

Après un vol Paris-Dzaoudzi de 10h en direct, nous arrivons vers 7h du matin à Mayotte. L'aéroport se trouve sur Petite-Terre, la piste est très courte et se jette dans la mer. L’atterrissage est impressionnant. Il vient de pleuvoir, l'air est lourd et humide. Sur la barge qui fat la navette vers Grande Terre, on découvre l'île embrumée après la pluie du matin. Le trajet dure moins de 30 min mais nous laisse le temps d'observer le relief de Mayotte. À Mamoudzou, l'ambiance est plus vivante, plus de monde, de voitures surtout autour de l'embarcadère.

 

On part pour notre première baignade à Sakouli. La plage est réputée pour être sûre. En semaine, elle est calme. Elle est longée de baobabs impressionnants. On profite de ce moment pour se détendre et se rafraîchir après une nuit courte dans l'avion. Le temps passe vite, on rentre à l'appartement. Sur le chemin du retour, on s'arrête pour acheter des fruits aux "bouénis" ; ces femmes qui vendent des fruits et légumes sur le bord de la route. La négociation est rude mais habituelle ici. Le soir, nos hôtes nous font goûter le fruit à pain, typique de Mayotte.


Jour 2 : Mont Choungi et N'Gouja

 

2ème jour et déjà on part à l'aventure dans la jungle Mahoraise. Pour se réveiller, on commence par l'ascension du Mont Choungi qui culmine à 594 m d'altitude. Si la randonnée se fait en 1 heure, cela n'en reste pas moins de l'escalade pure et dure ! Heureusement les racines et les branches sont de bons supports pour faciliter la montée. Les pauses pour reprendre notre souffle nous permettent d'observer faune et flore et plus particulièrement une belle araignée colorée que l'on voit partout sur l'île.

Le panorama qu'offre le Choungi vaut la chandelle. Du promontoire, on domine toute la péninsule Sud à 360° et on peut voir une bonne partie de l'île. Les plus courageux iront prendre la pose sur le rocher suspendu. On pourrait rester des heures à regarder le paysage qui s'offre à nous mais le sommet n'est pas ombragé et le soleil commence à chauffer.

 

Pour le déjeuner, on s'arrête au restaurant La Citronnelle à Kani-Kéli. Le cadre typique offre une vue exceptionnelle sur l'impressionnant Mont Choungi. Les plats cuisinés avec de la citronnelle sont à une quinzaine d'euros. Le poisson y est très bien cuisiné et je conseille le cocktail très rafraîchissant après l'ascension du matin.

 

Après le repas, place à la détente et à la plage de N'Gouja connue pour ces innombrables tortues marines. Sécurisée, la plage est assez fréquentée mais relativement calme en semaine. N'Gouja tient ses promesses, à quelques dizaines de mètres du bord de la plage, les tortues sont là ! Elles mangent paisiblement dans les herbiers et ne sont pas farouches du tout. Pour les non- nageurs, les makis sont présents sur la terre ferme et n'hésitent pas à s'approcher des hommes pour venir chercher à grignoter.

Sur la route du retour on s'amuse à chercher et photographier les nombreuses roussettes qui volent au dessus de nous. Cette chauve-souris de l'archipel des Comores impressionne par sa taille. C'est une espèce diurne et sort le plus souvent en fin d'après-midi.

Vue depuis le Mont Choungi

 

Jour 3 : Bandrélé et Pointe Mahabout

 

Le matin mon mari part plonger sur la passe en "S" ; spot très connu de plongée sous-marine. Nommée ainsi par sa forme sinueuse, c'est un ancien méandre de court d'eau qui regroupe aujourd'hui de beaux spécimens de poissons et coraux. Plongée avec le Nyamba club au départ de Mamoudzou.

 

L'après-midi, on part visiter le seul musée de Mayotte : l'écomusée du sel de Bandrélé. Situé sur la côte Est, le musée est assez difficile à trouver car mal indiqué. Il est à proximité du collège. Pour 3€ par personne on peut avoir la visite technique de la production de sel. Les femmes de Bandrélé produisent ce sel depuis des décennies. Après les grandes marées, les femmes raclent le sol pour ramasser le limon. Elles le mélangent à de la saumure ou de l'eau douce et grâce à un filtre fait en fibre de cocotier, elles récupèrent un liquide très salé. Elles le font bouillir plusieurs fois afin d'en récolter le sel. La visite est rapide et succincte mais il est très intéressant de découvrir ce savoir-faire ancestral et une démonstration de la culture mahoraise. Il est possible d'acheter le sel sur place, vous n'en trouverez pas ailleurs de toute façon.

 

Retour sur Mamoudzou pour aller voir le marché central. On y trouve toutes sortes d'épices, de fruits et d'essences de parfums mais également des produits importés comme des vêtements, paréos et chaussures. On en profite pour acheter Cannelle, Vanille, Cumin mais ce n'est pas ici qu'on trouvera de l'artisanat local.

 

On termine l'après-midi avec une promenade à la Pointe Mahabout, toujours à Mamoudzou. Ce petit coin tranquille permet d'observer de nombreuses espèces de plantes et quelques roussettes.  La pointe est en hauteur et offre un joli point de vue sur Petite-Terre. On y voit des bambous géants, des cocotiers, des jaquiers... Très joli balade à faire.

Pour le dîner, on part au restaurant ! On s'arrête à La Ravinala à Mamoudzou. Des plats mahorais et réunionnais fait maison, un régal. Avec un petit punch à l'apéritif et un rhum au digestif. Le cadre est très joli avec une piscine au centre de la cour.

 

Sel de Bandrélé
Pointe Mahabout

Jour 4 Coconi et Sada

 

Ce matin, on programme la visite du jardin botanique de Coconi dans le centre de l'île. On est vendredi, le jardin ferme à 11 h et malheureusement pour nous, le guide ne pourra pas nous accompagner pour une visite guidée. On déambule donc seuls dans ce joli parc entretenu et qui présente de nombreuses espèces de plantes, arbres, fruits, fleurs... Je vois pour la première fois, les arbustes d'Ylang-Ylang et de Vanille. On voit aussi des bambous géants, des cocotiers, des jaquiers, des bananiers et fleurs d'ananas...

On croise des zébus broutant dans le parc. La balade ombragée est agréable mais attention aux moustiques assez virulents.

La visite libre dure 45 min, on part ensuite en direction de Sada, ville musulmane à l'Ouest connue pour ses nombreuses mosquées et son rocher. On marche dans le centre-ville à la recherche d'une maison des artisans malheureusement fermée.

 

Après un pique-nique sur la plage, on entame l'approche du rocher. La marée est basse, le corail est apparent. On fait un peu de snorkelling pour observer les poissons multicolores et on continue la marche vers le rocher pour profiter du tombant à marée basse. Arrivés au rocher, la marée remonte vite et va recouvrir la plage, il nous faut faire demi-tour pour éviter de rentrer à la nage ! 

 

Dans la soirée, on fait des courses au supermarché local : Sodifram. On achète du fruit à pain pour le week-end. On part ensuite à l'ouest de l'île pour un concert de Reggae dans un bar au bord de la plage. On teste pour la première fois les fameuses brochettis : spécialité mahoraise. Ce sont des brochettes de viandes marinées que l'on peut déguster avec des frites de banane ou de manioc pour quelques euros.

 

Parc de Coconi
Plage de Sada - Mayotte

Vue de Sada depuis l'îlot

Jour 5 : Bivouac sur Mtsamboro

 

Ce week-end, on part à l'aventure ! On va bivouaquer sur un îlot inhabité au nord de Mayotte. Après avoir réuni tout notre barda, on prend la route. En arrivant au port de Mtsamboro, on prend un petit bateau pour aller jusqu'à l'îlot. La marée descend, il faut se dépêcher si le pêcheur veut pouvoir nous débarquer. En mer, on croise une tortue qui plonge sous le bateau. Le pêcheur nous dépose dans une crique, il faudra marcher jusqu'à la plage où l'on veut installer le camp.

 

La marée est basse mais le soleil est là. On cherche un peu d'ombre pour pique-niquer avant d'aller nager. Après une petite sieste au soleil, on part nager avec les poissons. Là encore, ils sont au rendez-vous. De toutes les sortes et de toutes les couleurs. On voit même des étoiles de mer et des poissons flûtes. Le temps passe vite dans l'eau, le soleil se couche, il est temps de monter le campement pour la nuit. On trouve un endroit où le sol est plat et où la marée ne montera pas. On allume le feu, on plante la tente et on prépare l'apéro. Il fait nuit très vite. Après avoir mangé nos brochettis fait-maison, on regarde les étoiles. On voit passer une énorme météorite dans le ciel (on saura plus tard que le passage de cette grosse comète était prévu et qu'elle est passée à 700 000 km de la Terre). Et soudain, une folle idée nous traverse l'esprit. Et si on allait nager dans la nuit ? Mon mari et son cousin partent alors en expédition avec une lampe frontale pour voir ce qui se passe la nuit sous l'eau. Apparemment, le snorkelling nocturne est rigolo surtout pour voir tout le plancton fluorescent dans l'eau. On se couche fatigués par cette journée d'aventuriers mais la nuit fut très courte. La pluie et le vent ne nous ont pas épargnés... mais le soleil se levant sur l'île au petit matin nous fait oublier le manque de sommeil.

Ilot Mtsamboro

Jour 6 La ponte des tortues

 

Après un réveil à 5 h 45 et un petit déjeuner sur notre îlot, le capitaine revient nous chercher pour nous ramener sur la terre ferme. La mer est plus agitée qu'à l'aller mais le trajet est rapide et le pilote sait ce qu'il fait ! On rentre à Mamoudzou par la route qui longe le nord de l'île et ses plages. 

 

Vers 19 h, on part pour une expérience qui restera gravée dans nos mémoires : observer la ponte des tortues. Nous sommes passés par une association de protection des tortues : Oulanga na Nyamba. Pour 15€ (cotisation annuelle à l'association), on se retrouve sur Petite-Terre avec un petit groupe et on part observer les tortues sur la plage de Moya. Arrivés sur place, le guide nous fait un débriefing sur le comportement à adopter et nous donne des explications sur les tortues et leurs rituels de ponte. Elles viennent pondre là où elles sont nées et peuvent pondre jusqu'à sept fois en 3 mois. Puis on attend sur la plage, dans le noir et le silence, bercés par le bruit des vagues. Il ne faut pas que les tortues nous voient alors on attend sagement le temps qu'il faut pour qu'elles commencent leurs pontes sans les gêner. Les tortues mettent 1 h à creuser une cavité corporelle puis creusent un trou de 70 cm de profondeur. Elles pondent pendant environ 30 min puis mettent 2 h à tout recouvrir. Ce soir là, on a attendu 2 h.  Le guide vient nous chercher et nous emmène par petits groupes de 5 voir la ponte en cours. Nous sommes chanceux, la tortue a bientôt fini, elle se soulève pour recouvrir les œufs et c'est là qu'on voit la quantité d’œufs pondus (environ 120 par ponte) ! Le guide éclaire avec une petite lumière rouge pour ne pas perturber la tortue qui fait près d'1 m 50 de long  et environ 150 kg. Je ne pensais pas que c'était si gros et si impressionnant ! Cette sortie est possible toute l'année à Mayotte et je le conseille vivement pour voir les tortues dans d'autres conditions que sous l'eau. Un moment magique !

Ilot Mstamboro

Jour 7 : Petite Terre

 

Ce matin on part pour la randonnée autour de lac de Dziani sur Petite Terre. Après avoir pris le bac, on commence le tour de ce cratère d'explosion datant d'il y a 10 000 ans. La couleur verte du lac contraste avec le bleu de l'océan tout autour. La balade est facile mais à éviter de faire en pleine chaleur car il y a des passages sans ombres. Sur le côté Est du sentier, on surplombe la barrière de corail. On aperçoit même des silhouettes de tortues tant l'eau est claire. Un chemin continue vers la plage de Moya. On décide de s'arrêter en haut dans un Faré (sorte de préau) pour pique-niquer. Sur le chemin du retour on croise un phoeton à bec jaune : un oiseau marin que l'on voit uniquement sur Petite-Terre ou dans les îlots hauts.

 

La deuxième partie de la journée est consacrée à la belle plage de Moya. Nous ne l'avions pas vue en plein jour lors de la sortie ponte. Nichée entre deux falaises, la plage est propre, calme et ombragée. Par contre, il faut aller loin pour avoir du fond et du coup voir un peu de vie sous-marine. On profite de notre présence sur cette plage réputée pour les pontes pour tenter de voir une émergence de bébés tortues. Elles sortent généralement à la fraîche et vu le nombre de pontes qu'il y a, il y a de fortes chances de pouvoir en observer. Malheureusement, ça ne sera pas pour nous ce soir là margré les nombreuses traces de pontes et de nid dans le sable. On a pu quand même observer des petits oiseaux jaunes ou bleus et quelques hérons. Derrière la plage, il y a de la mangrove dans laquelle on peut trouver des mygales.

Lac Dziani
plage de Moya

Jour 8 : Sortie pêcheur

 

Pour notre avant dernière journée sur Mayotte, on décide de faire une journée "pêcheur". On réserve une embarcation pour la journée avec un capitaine et il nous emmène voir des îlots et plages au large de Grande Terre. Au programme aujourd'hui : Bambo-Est, l'îlot de sable blanc et la plage de Saziley. On part de Moutsamoudou. Nous ne sommes que tous les 3 dans la barque avec le pêcheur en plus. On commence par l'îlot Bambo Est. On y retrouve un petit groupe de touristes mais qui repart avant nous. On a la plage pour nous tous seuls ! On en profite pour faire du snorkelling, la faune est très vive dans les rochers aux abords directs de la plage. Des baobabs sont là pour nous protéger de la chaleur. 

 

On reprend la mer vers l'îlot de sable blanc. C'est un incontournable de Mayotte ! À 2 km de la côte ce petit banc de sable ne serait jamais recouvert par la mer. Après une traversée en peu agitée (pour moi) on arrive sur ce petit bout de terre. On se croit seuls au monde, bloqués sur une si petite surface entourée de l'océan. Drôle de sensation : inoubliable !

 

La dernière étape est la célèbre plage de Saziley. Grande et belle plage bordée de géants baobabs. Elle est accessible uniquement par bateau ou à pied après une petite heure de marche, ce qui l'a rend peu fréquentée. L'endroit est idéal pour approcher le tombant et observer une multitude d'espèces, de coraux et autres poissons multicolores. Saziley est également connue pour la ponte des tortues. On mange à l'ombre du baobab puis la marée descendante nous oblige à repartir. Nous avons payé 80€ pour la location du bateau sur une journée avec un capitaine. Vraiment un bon prix pour une croisière aussi insolite et inoubliable.

 

La fin de notre séjour approchant, on part à la recherche de cadeaux souvenirs dans Mamoudzou. Mis à part le marché, nous n'avions pas vu de boutiques où acheter des souvenirs. Mais à proximité de la rue du commerce, nous avons trouvé une boutique qui vend bijoux et artisanats locaux. On repart avec une belle tortue en bois pour trôner dans notre chambre ! On fait un dernier saut chez Sodifram pour ramener des Achards : sauces parfumées à la papaye ou au citron pour pimenter nos plats à notre retour en métropole.

Bambo Est - Mayotte
Ilot de Sable blanc

Jour 9 : Le nord de l'île

 

C'est notre dernier jour à Mayotte. Mon mari et son cousin partent plonger avec le Club Happy Divers à Mliha. Là encore un souvenir fabuleux. Ils ont croisé un banc de dauphins joueurs et on pu profiter de voguer avec eux pendant plusieurs minutes pouvant ainsi immortaliser l'instant en vidéo.

 

Après la plongée, on pique-nique sur la plage de Mtsanga Tsoha juste en face de l'îlot Mtsamboro. Il faut descendre à travers une plantation. Le chemin est pentu et glissant quand il vient de pleuvoir mais on arrive à destination en moins de 10 minutes. Encore un pique-nique paradisiaque sur une belle plage déserte.

 

Pour l'après-midi, on a envie de flâner et non pas de se baigner. On s'arrête sur la route voir les ruines d'une usine sucrière, preuve du passé industriel de l'île. Pour nous -fans d'urbex- c'est une aubaine ! On prend quelques photos des anciens bâtiments et quelques cuves recouvertes par la végétation luxuriante. L'usine se trouve dans les environs de Soulou, au bord d'une route.

 

On continue l'épopée vers Tsingoni où je tiens à voir la mosquée, premier monument de Mayotte a être classé au patrimoine historique de France et connue pour être la plus ancienne mosquée de l'île. Elle daterait du XVème siècle et le minaret est du XIXème siècle. Après quelques photos souvenirs, on décide d'aller voir la plantation Guerlain, toujours à Tsingoni. Mais la route glissante et inondée nous font rebrousser chemin.

 

En rentrant à Mamoudzou, on passe devant des alambics de Ylang-Ylang qui sont parfois utilisés sur le bord de la route. 

 

Pour la dernière soirée de nos vacances, on tente une pizza ! Difficile de trouver une pizzeria ouverte ce soir là. On termine donc dans un bar sur le port à manger notre pizza au bord de l'eau en savourant les derniers instants de chaleur nocturne.

Vestiges d'usine sucrière - urbex Mayotte
Mosquée de Tsingoni

Mayotte est vraiment une petite perle au milieu de l'Océan Indien. Riche de ses paysages, ses plages et bien sûr son exceptionnel lagon, elle attire pourtant peu de touristes. La réputation de Mayotte concernant l'insécurité paraît bien réelle même si nous n'y avons en aucun cas été confrontés lors de notre séjour. Un peu de discrétion et de prudence ont suffit à nous faire passer de superbes vacances en famille. De nombreux souvenirs inoubliables dont mes baptêmes de snorkelling resteront à jamais gravés dans ma mémoire et Mayotte a été une très belle destination pour cela !

 

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